Poutine inaugure une usine Nissan en Russie
Le constructeur automobile japonais Nissan a inauguré mardi 2 juin sa première usine en Russie, en présence du Premier ministre russe Vladimir Poutine, misant sur le potentiel de ce marché malgré le plongeon actuel des ventes d’automobiles.
“La Russie a une importance stratégique pour Nissan”, a déclaré le PDG du groupe japonais et du français Renault, Carlos Ghosn, les deux constructeurs étant étroitement associés à travers des participations croisées.
“Pour nous, c’est le marché alternatif numéro un en Europe et le numéro cinq dans le monde”, a-t-il précisé, soulignant la “confiance (de Nissan, ndlr) dans le potentiel significatif” du marché russe.
La construction de cette usine d’assemblage, située dans la banlieue de Saint-Pétersbourg (nord-ouest de la Russie), avait débuté à l’été 2007. D’une capacité de production de 50.000 véhicules par an, elle a coûté 200 millions de dollars et doit employer dans un premier temps 750 personnes.
“Malgré la crise économique mondiale, de gros projets d’investissements sont réalisés en Russie”, a souligné M. Poutine, qui a conduit sur quelques mètres le premier véhicule sorti de l’usine, une Nissan Teana.
“Le gouvernement va continuer à soutenir les investissements quels qu’ils soient à l’avenir, en premier lieu les investissements directs, et avant tout liés aux technologies innovantes et avancées”, a-t-il ajouté.
Le chef du gouvernement a annoncé que la capacité de l’usine pourrait être décuplée à l’avenir. La production “pourrait être augmentée jusqu’à 500.000 véhicules par an. Cela dépendra de la conjoncture, du marché”, a-t-il dit.
Cette usine est la deuxième ouverte par un constructeur d’automobiles japonais en Russie, après celle du numéro un Toyota. Les deux groupes, tout comme l’américain Ford, ont opté pour Saint-Pétersbourg, nouveau pôle de l’automobile russe.
Cette inauguration intervient à un moment où la banque russe Sberbank, associée à l’équipementier canadien Magna, doit reprendre l’allemand Opel. Lundi, M. Poutine avait insisté sur le fait que cette opération devait contribuer au développement de l’industrie automobile russe.
“Le gouvernement russe a sa stratégie de développement de l’industrie automobile et cet accord doit s’inscrire dans (cette) stratégie”, avait-il dit.
Les autorités espèrent revigorer ainsi le constructeur en difficulté GAZ, qui fabrique les voitures Volga à Nijni-Novgorod (400 km à l’est de Moscou) et pourrait mettre à la disposition d’Opel sa plateforme de production ainsi que son réseau de distribution pour la conquête du marché russe.
La Russie, qui avait connu un boom sans précédent des ventes de voitures ces dernières années, fait désormais face à une chute vertigineuse de ce marché. Fin mars, le ministre de l’Industrie Viktor Khristenko avait admis qu’il pourrait connaître en 2009 un effondrement de 60% par rapport à 2008.
Les constructeurs étrangers, du français PSA Peugeot Citroën à l’allemand Volkswagen, gardent toutefois en ligne de mire ce marché certes très volatil mais qui pourrait redevenir très prometteur une fois la crise passée.
Source : auto.nouvelobs via AFP












